Rencontres de justice réparatrice
Créer un espace de dialogue là où des liens de confiance ont été brisés
Les rencontres de justice réparatrice permettent de créer des espaces de dialogue, d’écoute et de reconnaissance entre des personnes touchées par des situations d’abus ou de violence, dans un cadre sécuritaire, volontaire et respectueux.
Présentation des rencontres
Une démarche encadrée, basée sur le dialogue
Passerelles de justice réparatrice organise des rencontres de justice réparatrice, en milieu carcéral et en milieu communautaire, dans la grande région de Montréal et dans d’autres régions du Québec et ce, depuis plus de 25 ans.

À qui s’adressent les rencontres ?
Elles regroupent des personnes volontaires, qui ne se connaissent pas, mais qui se sentent concernées par des abus ou de la violence semblables, judiciarisés ou non :
- des personnes ayant été victimes directes, secondaires ou collatérales d’abus ou de violence, qu’elles aient ou non porté plainte ;
- des personnes, incarcérées ou non, ayant commis des abus ou de la violence, qui reconnaissent leurs gestes et en prennent la responsabilité ;
- un ou des membres de la communauté, à titre de personnes citoyennes interpellées par les abus et la violence au sein de la société, qui désirent participer au dialogue avec ouverture, authenticité et respect
Quels types de rencontres sont offertes ?
- En face-à-face, rencontre de 3 personnes (une personne ayant été victime et une personne ayant commis un abus ou de la violence similaire, ainsi qu’un membre de la communauté)
- En groupe – environ de 8 à 10 personnes (plusieurs personnes ayant été victimes et auteurs d’abus ou de violence similaire, et deux membres de la communauté).
Nous offrons des rencontres de justice réparatrice pour différents types d’abus ou de violences tels que les crimes à caractère sexuel (inceste, intrafamilial, par un tiers, conjugal, prostitution / proxénétisme, viol), violence conjugale ou familiale, meurtre, séquestration, conduite avec facultés affaiblies, vol, négligence parentale, agressions physique, fraude…
Ces rencontres sont encadrées par deux animateurs ou animatrices sélectionnés pour leurs qualités humaines et sont offertes gratuitement.
Nos diverses rencontres de justice réparatrice sont basées sur une expérience de plus de 25 ans. La pratique de nos animateurs et animatrices est encadrée par de la supervision, un code éthique et des ententes de participation et de confidentialité. Nous leur offrons également de la formation continue et des espaces d’échanges dans le cadre de notre communauté de pratique et un bilan annuel sur notre pratique.


Pourquoi participer ?
Les rencontres de justice réparatrice visent d’abord à créer un espace de parole où des personnes ayant été victimes et des personnes ayant commis de l’abus et de la violence peuvent se rencontrer, s’exprimer librement, et échanger dans un cadre respectueux et sécuritaire.
Ces démarches permettent, notamment, selon les personnes :
- une validation de son vécu, et parfois l’obtention de réponses à des questions, par une personne vis-à-vis qui a vécu un abus ou de la violence similaire, mais dans la posture opposée
- une reconnaissance et / ou une prise de conscience des diverses conséquences de l’abus ou de la violence
- la libération d’émotions liées à de grandes souffrances et l’apaisement intérieur
- une meilleure compréhension de la réalité de l’autre
- une diminution des préjugés entre les personnes concernées
- une réflexion sur l’implication citoyenne lorsqu’on est témoin d’abus ou de violence
Les effets observés de ces démarches sont présentés en détail dans la section Notre impact.
Comment participer ?
Pour participer à une rencontre de justice réparatrice, il suffit de remplir le formulaire de participation ci-dessous ou de nous contacter.
Un espace différent pour cheminer vers la réparation
Ateliers de justice réparatrice
Fort de son expérience en rencontres de justice réparatrice, et à partir des intérêts exprimés par nos participant·e·s, Passerelles JR a créé des ateliers de justice réparatrice.
Bien que novateurs, ces ateliers demeurent fidèles à notre approche, qui favorise la participation de membres de la communauté, à titre de témoin social, porteur d’ouverture dans leur milieu.
Ces ateliers permettent à des personnes ayant subi ou commis de l’abus ou de la violence, judiciarisés ou non, de partager et de déposer leur vécu dans un cadre sécuritaire et respectueux, d’en explorer les conséquences, et d’explorer les voies possibles vers la réparation, qu’elle soit intérieure, relationnelle ou tournée vers l’entourage ou la communauté.
Car, même lorsque le passé ne peut être changé, il demeure possible de transformer la façon dont nous choisissons de poursuivre notre route.
- Atelier dépendances : à la croisée des parcours
- Atelier Ruptures familiales
- Atelier Mères non protégeantes
Les dépendances, qu’elles soient liées aux substances, aux comportements ou au relations affectives, ont toutes en commun de bouleverser les vies.
Dans cet atelier, des personnes qui ont vécu une dépendance, et d’autres qui ont subi les conséquences de la dépendance de leur proche, se rencontrent.
Elles ne viennent ni débattre, ni blâmer ou se justifier.
Elles viennent plutôt raconter leur vécu, s’écouter dans le respect, partager les conséquences que la dépendance a eu dans leur vie, et explorer les chemins de réparation. Elles viennent établir un dialogue.
Un dialogue improbable mais combien enrichissant, dans un cadre sécuritaire, soutenu par 2 animateurs·trices, formé·e·s et supervisé·e·s par Passerelles de justice réparatrice.
La violence va bien au-delà des gestes posés. Outre les conséquences directes, tant les victimes que les offenseurs sont confrontés aux réactions de leur famille.
Une des conséquences peu souvent abordées est la rupture avec la famille, qui se révèle parmi les plus douloureuses. Qu’il s’agisse d’un éloignement, d’un silence, d’un rejet, d’un jugement ou d’une perte de confiance, les conséquences de la violence dépassent souvent les faits eux-mêmes, et laissent des marques dans les relations.
Passerelles JR offre un atelier portant sur les ruptures familiales découlant de violence, judiciarisée ou non, commise ou subie. Les participant·e·s exploreront leurs blessures, ses conséquences, et comment entrevoir un chemin de réparation vers un apaisement intérieur, quelle que soit la direction choisie. Un dialogue dans un cadre sécuritaire est offert par 2 animateurs·trices, formé·e·s et supervisé·e·s par le Passerelles de justice réparatrice.
Les blessures causées par les violences sexuelles ne se limitent pas aux événements eux-mêmes. Au-delà des conséquences directes, les réponses négatives et non soutenantes des proches des personnes victimes peuvent laisser des marques toutes aussi profondes.
Certaines victimes vivent avec la douleur de ne pas avoir été soutenues et protégées par leur mère, qui ont fermé les yeux, ont nié ce qui se passait, n’ont pas cru leur enfant, ne sont pas intervenues, ont blâmé ou minimisé.
Passerelles JR propose un atelier portant sur la non-protection maternelle en contexte d’agression sexuelle dans l’enfance ou l’adolescence. Ce sujet tabou, mais profondément douloureux, est vécu par certaines personnes comme une agression supplémentaire.
Les participant·e·s y exploreront leurs blessures, les conséquences de cette non-protection et comment entrevoir un chemin de réparation vers un apaisement intérieur.
Nous offrons ces ateliers annuellement, contactez-nous pour en savoir plus.
Témoignages
Questions fréquentes
Qui participe aux rencontres de justice réparatrice ?
Des personnes qui ont vécu des abus et de la violence, directement ou indirectement, et des personnes qui ont été condamnées pour de tels abus et violence, qu’elles soient libérées ou encore sous mandat du Service correctionnel du Canada. ; que ce soit des personnes ayant déjà purgé leur peine ou qui sont en cours.
Quant aux personnes membres de la communauté, il peut s’agir de toute personne adhérant aux valeurs de la justice réparatrice, désireuse de participer à la réparation de ce que le crime a brisé par son écoute et sa participation. Une brève formation pour devenir membre de la communauté est dispensée par Passerelles de justice réparatrice.
En quoi consistent les rencontres de justice réparatrice à Passerelles de justice réparatrice ?
Les rencontres de justice réparatrice consistent à créer un espace de dialogue sécuritaire entre une ou des personnes ayant commis un crime et une ou des personnes ayant subi le même type de crime. Une personne représentant la société est aussi présente afin de soutenir ce processus et intégrer la société qui peut avoir été victime secondaire ou complice du crime. Ces participants sont volontaires et le processus ne fait pas partie du système judiciaire. Accompagnés par des animateurs sélectionnés pour leur compétences professionnelles et humaines, les participants sont invités à un premier échange sur les faits qui ont été commis ou subi, un deuxième échange sur les conséquences du crime et enfin sur les gestes de réparation. Une rencontre de bilan est organisée quelques mois plus tard afin de pouvoir clôturer l'expérience ensemble.
N'hésitez pas à nous contacter si vous voulez en savoir plus sur ce processus.
Quelles sont les conditions de participation à ces rencontres ?
Afin de participer à ce processus, une ou des rencontres initiales sont prévues afin d'évaluer si l'expérience est adaptée à la personne intéressée.
Il est important que les participants participent de manière volontaire et éclairée, et qu’elles puissent bénéficier d’un soutien, si possible thérapeutique. Un cheminement d’introspection doit avoir été amorcé pour participer à ce processus. Les participants doivent pouvoir faire le récit de ce qui a été vécu, d'en nommer les conséquences et être capables ou désireux de se connecter à leurs émotions.
Les personnes contrevenantes doivent être capables de se responsabiliser pour les gestes commis ainsi que ses conséquences, avoir un désir de réparation et démontrer une volonté de changer. Elles sont souvent référées par des personnes qui les suivent ou les ont suivis au sein du système pénal.
Il n'est pas nécessaire pour la personne ayant été victime d'avoir porté plainte. Le processus s'adresse aux personne victimes directes et indirectes, à des proches de personnes touchées par des crimes et également à des personnes témoins de violences.
Quel type de soutien offrez-vous tout au long des rencontres ?
Notre équipe est présente par téléphone ou lors de rencontres en personne tout au long du processus. Les participants peuvent joindre l’équipe du CSJR ou la personne en charge de l’animation avant, pendant et après les rencontres de justice réparatrice, selon leurs besoins. Un guide d’accompagnement et une liste de ressources leur sont communiqués.
Quels sont les dangers de participer à ces rencontres ?
Les rencontres de justice réparatrice ne sont pas dangereuses si elles sont bien préparées, organisées, animées et évaluées. Notre pratique se fait depuis plus de 25 ans, notre modèle de rencontre de justice réparatrice a donc été éprouvé et vécu pas de nombreux participants. Nous faisons attention aux personnes sélectionnées en nous assurant que le processus sera réparateur pour les participants, en travaillant avec des partenaires qui connaissent leur cheminement, et en nous assurant qu’ils bénéficient de soutien. Les animateurs sont les gardiens de l'équilibre lors des rencontres. Ils sont formés et mentorés pour garantir la sécurité et l'intégrité des participants aux rencontres de justice réparatrice.
Le processus étant volontaire, chaque personne est libre d'arrêter le processus si celui-ci ne correspond plus aux attentes ou s'il est trop difficile.
Quels sont les motivations des personnes participantes et les bienfaits qu'ils disent ressentir à la fin de ces processus ?
Chaque personne est différente : les motivations et bienfaits sont donc personnels à chacun. Voici quelques échos d'anciens participants.
Sur leurs motivations : vouloir être écouté.e, respecté.e, compris.e, parler, échanger, comprendre, poser des questions, se libérer d'émotions destructrices (peur, colère, culpabilité, honte, insécurité, etc.), ressentir de l'empathie, s'affirmer, reprendre sa vie en main, tourner la page ou se préparer à une autre étape, participer à la prévention et à la réparation du crime…
Sur des bienfaits ressentis : s’être senti écoutés avoir pu s'exprimer pleinement et être entendu, avoir eu le sentiment d’être reconnu dans son histoire et son vécu,, avoir réussi à traverser une peur ou libérer de la colère, ne plus se sentir coupable ou honteux, avoir le sentiment d’avoir fait un pas sur son chemin de guérison et de résilience, avoir une meilleure confiance et estime de soi, avoir transformé son vécu en levier de changement, se sentir moins isolé…
Pourquoi un membre de la communauté est présent lors de rencontres de justice réparatrice ?
La présence d’un ou de membres de la communauté est spécifique au modèle de Passerelles de justice réparatrice et il est présent depuis les débuts de notre pratique depuis 2001. Le membre de la communauté permet d’impliquer la société qui peut avoir été victime secondaire ou complice du crime commis. Il permet aussi un regard extérieur et de soutien face à ce qui va être vécu. La société devient alors présente et soutenante dans la réparation. Le membre de la communauté suit une formation en justice réparatrice et est sélectionné pour pouvoir participer à un processus de justice réparatrice. Il participe de manière bénévole. Il partage les valeurs de la justice réparatrice
Amorcer une démarche à votre rythme
Vous souhaitez en savoir plus ou envisager une participation à une rencontre de justice réparatrice ? L’équipe de Passerelles de justice réparatrice est disponible pour vous écouter, répondre à vos questions et vous accompagner dans une démarche adaptée à votre situation.
