Nouveau nom, nouvelle image – Pour ses 25 ans, le CSJR fait peau neuve et devient Passerelles de justice réparatrice !

New look, new name: To mark its 25th anniversary, the CSJR has refreshed its image and is now Passerelles de justice réparatrice!

Comprendre la justice réparatrice

Une approche qui cherche à réparer les torts causés par un préjudice

La justice réparatrice

Une définition, une vision

La justice réparatrice place les personnes et la communauté au coeur de la réponse aux préjudices vécus et à leurs conséquences afin de favoriser la responsabilisation, la réparation et l'apaisement.

Qu’est-ce que la justice réparatrice ?

La justice réparatrice vise à répondre aux conséquences humaines, relationnelles et sociales de situations d’abus et de violences, judiciarisées ou non judiciarisées. Elle considère que lorsqu’une personne subit ou cause un tort, les besoins qui en découlent - pour les personnes touchées, leurs proches, les personnes responsables et les communautés concernées - ne sont pas toujours pris en compte par les mécanismes conventionnels de justice. Elle cherche donc à favoriser la réparation des préjudices, la responsabilisation des auteurs et le dialogue entre les personnes concernées lorsque cela est possible et souhaité.

Plutôt que de se concentrer sur la violation d’une règle ou sur la sanction à imposer, la justice réparatrice s’intéresse aux conséquences dans la vie les personnes concernées, à favoriser des démarches de réparation adaptées à leur situation et à agir sur les causes qui ont contribué au tort subi. Cette dimension transformatrice reconnaît que certains préjudices prennent racine dans des inégalités, des exclusions ou des ruptures sociales plus larges.

D’où vient la justice réparatrice ?

La justice réparatrice s'inspire de traditions et de pratiques présentes dans de nombreuses sociétés à travers le monde. Bien avant l'émergence des systèmes de justice modernes, diverses communautés en Europe, en Afrique, en Asie, dans les Amériques et ailleurs privilégiaient déjà, sous des formes variées, le dialogue, la réparation des torts, la compensation des préjudices et le rétablissement des relations sociales.

À partir des années 1970, la justice réparatrice (appellation au Québec) ou la justice restaurative ou restauratrice (appellation en Europe francophone) s'est développée dans les sociétés occidentales comme un mouvement contemporain structuré en réponse aux limites des approches exclusivement punitives.

À qui s’adresse la justice réparatrice ?

La justice réparatrice s’adresse à toute personne ayant subi ou commis un abus ou de la violence qui souhaite volontairement s’engager dans un tel processus. Elle peut concerner les personnes qui en sont directement victimes ou responsables. Elle peut aussi concerner les proches et membres de l’entourage (des victimes ou des auteurs).

Quels sont les objectifs de la justice réparatrice ?

  • Créer un espace de dialogue volontaire entre des personnes touchées par des abus ou violences
  • Reconnaître les impacts des gestes posés
  • Favoriser la responsabilisation
  • Réparer ce qui peut l’être, ne serait-ce que symboliquement
  • Contribuer à l’apaisement des personnes et des communautés
  • Reconstruire la confiance et des relations lorsque cela est possible
Illustration d'une rencontre de justice réparatrice

Quels types de réparation sont possibles ?

Chaque démarche de réparation est unique. Ce qui est réparateur pour une personne ou une communauté ne l'est pas nécessairement pour une autre. Dans certains cas, le simple fait d'être écouté, compris ou reconnu dans son expérience constitue déjà une forme importante de réparation. Cela dit, suivant les différents types de justice réparatrice, les types de réparation possibles peuvent être d’ordre :

  • Émotionnel : entendre, reconnaître et apaiser les souffrances.
  • Relationnel : (r)établir le dialogue et la confiance.
  • Communautaire : contribuer au bien-être de la communauté touchée.
  • Symbolique : reconnaître, s'excuser ou rendre hommage
  • Collectif : répondre à des préjudices qui concernent un groupe ou une collectivité entière.
  • Matériel ou financier (réparer, remplacer ou compenser).

Dans quels contextes peut-on recourir à la justice réparatrice ?

La justice réparatrice peut intervenir avant, pendant ou après une procédure judiciaire. Elle peut également être mise en œuvre en dehors du système de justice, dans les milieux communautaires, éducatifs, institutionnels ou organisationnels. La justice réparatrice ne se définit pas d'abord par le type de situation à laquelle elle s'applique, mais par les besoins auxquels elle cherche à répondre et les principes qu’elle cherche à appliquer. Elle peut être pertinente lorsque des personnes souhaitent donner un sens à ce qui s'est passé, être entendues, reconnaître les impacts d'un geste, prendre leurs responsabilités, réparer un tort ou reconstruire des relations mises à mal.

Quels sont les principes essentiels de la justice réparatrice ?

  • La participation volontaire : Chacune des personnes impliquées est libre de participer ou non à la démarche et peut se retirer en tout temps.
  • La confidentialité : Les informations partagées dans le cadre d’une démarche de JR sont protégées selon les règles établies et les engagements pris par les participants.
  • La multipartialité : Les personnes qui facilitent les démarches accompagnent tous les participants et participantes de manière équitable.
  • Le respect : Toutes les personnes sont accueillies avec respect, indépendamment de leur rôle, de leur histoire ou de leur expérience.
  • L’écoute et le dialogue : Les démarches privilégient l'expression des expériences vécues, l’écoute et la recherche de compréhension mutuelle et la qualité des échanges.
  • La préparation adaptée à chaque situation : Chaque démarche fait l'objet d'une préparation attentive afin de tenir compte du contexte, des personnes concernées et des objectifs poursuivis de manière à ce que chacun et chacune se sente en sécurité tant sur le plan physique que psychologique.
  • La reconnaissance des besoins et des responsabilités : les démarches cherchent à reconnaître les conséquences du préjudice, les besoins des personnes et des communautés touchées ainsi que les responsabilités qui en découlent.
  • La recherche de réponses adaptées : Il n'existe pas de réponse unique. Chaque démarche est construite en fonction des personnes, du contexte, des objectifs et des attentes poursuivis.

Autres questions fréquentes

Comment la justice réparatrice et transformatrice répond-elle aux enjeux actuels ?

La justice réparatrice et transformatrice répond aux enjeux actuels en se positionnant comme un paradigme évolutif qui dépasse le simple cadre judiciaire pour traiter les blessures profondes de la société. Elle s'adapte aux réalités sociales contemporaines en proposant des espaces de dialogue là où les liens de confiance sont brisés.

En résumé, la justice réparatrice répond aux enjeux actuels en offrant une approche humaniste et flexible qui permet de « réparer l'avenir » en traitant non seulement les crimes judiciarisés, mais aussi les torts et les injustices systémiques qui fragilisent le tissu social.

Quelle est la différence entre justice réparatrice et justice traditionnelle ?

Alors que la justice pénale se concentre principalement sur la violation de la loi et la sanction de l'auteur de l'infraction, la justice réparatrice s'intéresse aux conséquences du préjudice pour les personnes et les communautés concernées. Elle vise à favoriser la compréhension, la responsabilisation, la réparation des torts et, lorsque cela est possible, le rétablissement des liens sociaux.

Quelle est la différence entre la justice réparatrice et la médiation ?

La justice réparatrice est un modèle de justice qui vise notamment à reconnaître les conséquences d’une situation d'abus ou de violence, ainsi qu'à favoriser la réparation et l’apaisement des personnes concernées.

La médiation est plutôt un processus de dialogue dans lequel des personnes directement concernées par une situation échangent avec l’aide d’un tiers impartial. Elle peut poursuivre des objectifs très variés : mieux comprendre ce qui s’est passé, exprimer son vécu, obtenir des réponses, résoudre un différend ou rechercher une forme de réparation.
La médiation peut donc être utilisée dans une démarche de justice réparatrice, mais elle ne s’y limite pas.

Quelle est la différence entre justice réparatrice et justice transformatrice ?

Si la justice réparatrice cherche à réparer les torts causés par un préjudice, la justice transformatrice vise également à transformer les conditions qui ont permis son apparition. La première met l'accent sur la réparation des conséquences, tandis que la seconde accorde une attention particulière aux causes structurelles et aux changements sociaux nécessaires pour prévenir leur répétition

Est-ce que la justice réparatrice contribue à diminuer la récidive ?

La diminution ou non de la récidive, qui réfère au risque de récidive criminelle, ne peut être évaluée que par un professionnel qualifié, à partir d’une analyse rigoureuse fondée sur des outils spécialisés et reconnus scientifiquement. Il est donc difficile de faire un lien de causalité entre une démarche de justice réparatrice et la diminution de la récidive.

Le dialogue qui prend place entre une personne victime et auteur d'une violence apparentée, qui reconnaît sa culpabilité mais aussi sa responsabilité, est teinté d'authenticité et d'humanité qui favorise l'ouverture, à soi et à l'autre, et des prises de conscience fortes d'humanité. Plusieurs participants ayant commis des violences nomment le fait que d'avoir été en contact concrètement et émotionnellement avec les conséquences de leur violence est déterminant dans leur parcours.

Est-ce que la justice réparatrice fonctionne vraiment ?

Oui, de nombreuses recherches et les témoignages des personnes participantes montrent que la justice réparatrice peut avoir des effets positifs pour les personnes touchées par des abus ou des violences. Elle permet notamment aux personnes victimes d'être entendues et reconnues, aux personnes ayant causé un préjudice de mieux comprendre les conséquences de leurs actes et d'assumer leurs responsabilités, ainsi qu'aux communautés de participer à des démarches de dialogue et de réparation.

Son efficacité se mesure par sa capacité à favoriser la compréhension, l'apaisement, la responsabilisation et la reconstruction des liens humains. Comme toute démarche, elle ne constitue pas une solution universelle et ses effets dépendent notamment de la participation volontaire des personnes concernées, de leur préparation et de la qualité de l'accompagnement offert.

* Nous avons consulté Mylène Jaccoud pour l’élaboration de cette page, rédigée en août 2026. Mylène Jaccoud est professeure titulaire en criminologie à l’Université de Montréal, spécialiste en justice réparatrice, médiation, peuple autochtones, théories criminologiques et en méthodes qualitatives, de même que collaboratrice au CSJR depuis plusieurs années. Nous tenons à la remercier pour son aide et expertise.

Découvrir les rencontres de justice réparatrice

Les rencontres de justice réparatrice permettent de créer des espaces de dialogue, d’écoute et de reconnaissance entre des personnes touchées par des situations d’abus ou de violence, dans un cadre sécuritaire, volontaire et respectueux.